Principe
La sclérothérapie est une technique mini-invasive de traitement des varices pelviennes qui consiste à injecter, sous contrôle radiologique, une substance sclérosante directement dans les veines dilatées et incompétentes à l’origine du syndrome de congestion pelvienne. Cette injection provoque une inflammation contrôlée de la paroi veineuse, entraînant sa fibrose puis son occlusion progressive et définitive.
Réalisée le plus souvent en complément de l’embolisation des veines ovariennes et/ou iliaques internes, la sclérothérapie permet de traiter spécifiquement les réseaux veineux superficiels et les varices périphériques (vulvaires, périnéales, des membres inférieurs à point de départ pelvien) qui échappent parfois à l’embolisation classique par coils ou plugs.
Déroulement de l’intervention :
- L’acte est réalisé par un radiologue interventionnel, généralement sous anesthésie locale, en ambulatoire.
- Sous guidage échographique et/ou fluoroscopique, un cathéter fin est introduit jusqu’aux veines pathologiques.
- L’agent sclérosant (mousse de polidocanol, mousse de tétradécyl sulfate de sodium, ou parfois un mélange d’agents sclérosants et de produit de contraste) est injecté directement dans la lumière veineuse.
- La procédure dure en moyenne entre 30 et 60 minutes selon l’étendue du réseau à traiter.
- Le retour à domicile est possible le jour même, avec reprise progressive des activités sous 24 à 48 heures.
Cette technique présente l’avantage d’être peu invasive, répétable si nécessaire, et associée à un taux de complications très faible.
Indications spécifiques
La sclérothérapie des varices pelviennes est indiquée dans plusieurs situations cliniques précises :
1. Complément à l’embolisation des veines ovariennes Lorsque le syndrome de congestion pelvienne s’accompagne de varices périphériques visibles (vulve, fesses, cuisses, région périnéale), la sclérothérapie permet de traiter ces extensions distales que l’embolisation seule ne suffit pas à faire disparaître.
2. Varices pelviennes récidivantes ou résiduelles Après une première embolisation, certaines patientes conservent des varices résiduelles symptomatiques. La sclérothérapie complémentaire permet d’optimiser le résultat clinique et esthétique.
3. Varices vulvaires et périnéales isolées Chez certaines patientes, notamment en période post-partum, les varices vulvaires peuvent être traitées de manière isolée par sclérothérapie, sans nécessiter d’embolisation des veines pelviennes profondes.
4. Varices des membres inférieurs à point de départ pelvien (syndrome de fuite pelvienne) Certaines varices atypiques des membres inférieurs, notamment récidivantes après chirurgie veineuse classique, trouvent leur origine dans une insuffisance veineuse pelvienne. Leur traitement nécessite une sclérothérapie ciblée après bilan d’imagerie approfondi.
5. Contre-indication ou refus de l’embolisation classique Chez les patientes ne pouvant bénéficier d’une embolisation par voie veineuse classique, la sclérothérapie peut représenter une alternative pour certaines localisations superficielles.
Sclérothérapie des varices vulvaires
Les varices vulvaires touchent près de 4 % des femmes, avec une prévalence beaucoup plus élevée pendant la grossesse (jusqu’à 10 à 20 % des grossesses), en raison de l’hyperpression pelvienne et des modifications hormonales favorisant la stase veineuse. Elles constituent souvent le signe visible et invalidant d’un syndrome de congestion pelvienne sous-jacent.
Symptomatologie
Les varices vulvaires se manifestent par :
- une sensation de pesanteur et de gonflement de la vulve, majorée en position debout prolongée ou en fin de journée ;
- des douleurs, parfois à type de tiraillement ou de brûlure ;
- un inconfort lors des rapports sexuels (dyspareunie) ;
- un préjudice esthétique source de gêne psychologique importante ;
- une majoration des symptômes en période prémenstruelle et pendant la grossesse.
Bilan préalable
Avant tout traitement, un bilan échographique (écho-doppler pelvien et vulvaire) associé, si nécessaire, à une phlébographie ou une IRM pelvienne, permet de :
- confirmer l’origine pelvienne des varices vulvaires,
- rechercher un reflux des veines ovariennes ou iliaques internes,
- cartographier précisément le réseau veineux pathologique afin de guider le geste thérapeutique.
Technique de sclérothérapie des varices vulvaires
- La procédure est réalisée sous anesthésie locale, en position gynécologique, sous contrôle échographique.
- L’agent sclérosant, le plus souvent sous forme de mousse (mousse de polidocanol), est injecté directement dans les veines vulvaires dilatées à l’aide d’aiguilles fines.
- Une compression locale est appliquée immédiatement après l’injection afin d’optimiser le contact entre le sclérosant et la paroi veineuse et de limiter les ecchymoses.
- Plusieurs séances peuvent être nécessaires (en moyenne 1 à 3), espacées de 4 à 6 semaines, pour obtenir un résultat optimal.
Résultats et suites
- Le taux de succès clinique (disparition ou réduction significative des varices et des symptômes) est élevé, de l’ordre de 80 à 90 % selon les séries.
- Les suites sont généralement simples : une légère douleur locale, un œdème et des ecchymoses transitoires peuvent survenir pendant quelques jours.
- Le port d’une culotte de compression ou d’un vêtement compressif peut être recommandé les jours suivant le geste.
- La reprise des activités quotidiennes est rapide, en général sous 24 à 48 heures.
- En cas de varices vulvaires liées à une insuffisance des veines ovariennes ou iliaques internes, un traitement complémentaire par embolisation pelvienne peut être proposé pour prévenir les récidives.
Particularité de la grossesse
Chez la femme enceinte, la sclérothérapie n’est habituellement pas réalisée en raison du caractère souvent transitoire des varices vulvaires gravidiques, qui régressent fréquemment après l’accouchement. Le traitement est alors envisagé à distance de la grossesse, en cas de persistance ou d’aggravation des symptômes.
La sclérothérapie des varices pelviennes et vulvaires s’inscrit dans une prise en charge globale et personnalisée du syndrome de congestion pelvienne, associant si besoin embolisation des veines ovariennes et iliaques internes et traitement ciblé des varices périphériques, afin d’obtenir un résultat clinique et esthétique durable.