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Varices Pelviennes : Toutes les réponses à vos questions

Réponses aux questions fréquentes sur les varices pelviennes : causes, symptômes, diagnostic et traitements du syndrome de congestion pelvienne.

Les varices pelviennes (ou syndrome de congestion pelvienne) constituent une cause fréquente et encore trop méconnue de douleurs pelviennes chroniques chez la femme. Longtemps sous-diagnostiquées, elles touchent principalement les femmes en âge de procréer, en particulier après plusieurs grossesses. Grâce aux progrès de l’imagerie et des techniques mini-invasives, il est aujourd’hui possible de poser un diagnostic précis et de proposer des traitements efficaces pour retrouver une qualité de vie normale. Cette page FAQ répond aux questions les plus fréquentes que vous pouvez vous poser sur cette pathologie vasculaire.


Comprendre les varices pelviennes

Qu’est-ce que les varices pelviennes et comment se forment-elles ?

Les varices pelviennes correspondent à une dilatation anormale des veines situées dans le petit bassin, notamment les veines ovariennes et les veines du plexus pelvien. Elles résultent d’une insuffisance du système valvulaire veineux : les valvules, normalement chargées d’empêcher le sang de refluer vers le bas, deviennent incompétentes. Le sang stagne alors dans le bassin, provoquant une congestion veineuse responsable de douleurs chroniques. Ce mécanisme est similaire à celui des varices des jambes, mais la localisation pelvienne spécifique explique des symptômes bien distincts.

Quelle est la différence entre varices pelviennes et varices des jambes ?

Bien que le mécanisme de fond soit comparable (insuffisance valvulaire veineuse), les varices pelviennes se distinguent des varices des membres inférieurs sur plusieurs points. Les varices pelviennes sont invisibles à l’œil nu et ne s’accompagnent pas forcément de signes cutanés aux jambes. Elles touchent quasi exclusivement les femmes, tandis que les varices des jambes concernent les deux sexes. Leurs facteurs déclenchants diffèrent : les grossesses et les hormones jouent un rôle central pour les varices pelviennes, là où l’hérédité et la station debout prolongée dominent pour les varices des jambes. Enfin, les varices pelviennes se manifestent principalement par des douleurs pelviennes chroniques et une pesanteur abdominale, et non par des lourdeurs de jambes.

Que veut dire « syndrome de congestion pelvienne » ?

Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) désigne l’ensemble des symptômes douloureux liés à la présence de varices pelviennes. Il ne s’agit donc pas d’une maladie différente, mais de la traduction clinique des varices pelviennes. Environ 30 % des femmes suffering de douleurs pelviennes chroniques seraient concernées par ce syndrome. Le SCP associe typiquement des douleurs pelviennes sourdes évoluant depuis plus de six mois, une pesanteur pelvienne aggravée en position debout et soulagée en position allongée, des varices vulvaires ou périnéales, et parfois des douleurs lors des rapports sexuels. La présence de varices pelviennes à l’imagerie sans aucun symptôme ne constitue pas un syndrome de congestion pelvienne.

Qui est concerné par les varices pelviennes ?

Les varices pelviennes touchent principalement les femmes entre 20 et 45 ans, en période d’activité génitale. Les femmes multipares (ayant eu deux grossesses ou plus) présentent un risque nettement accru, chaque grossesse majorant la pression veineuse pelvienne de façon cumulative. L’influence des hormones œstrogènes fragilise la paroi veineuse, ce qui explique que cette pathologie soit quasi exclusive aux femmes en âge de procréer et devienne rare après la ménopause. Les antécédents familiaux de pathologie veineuse, le surpoids, la station debout prolongée professionnelle et les prédispositions génétiques constituent également des facteurs de risque identifiés.

Les varices pelviennes peuvent-elles apparaître chez l’homme ?

Les varices pelviennes au sens stricttouchent quasi exclusivement les femmes, en raison de l’anatomie du réseau veineux pelvien féminin et du rôle central des hormones et de la grossesse. Cependant, les hommes peuvent présenter des pathologies veineuses pelviennes apparentées, comme le varicocèle (dilatation des veines testiculaires), qui partage des mécanismes physiopathologiques similaires. Le syndrome de Nutcracker, lui, peut concerner les deux sexes, bien qu’il soit plus fréquent chez les femmes jeunes. Si un homme présente des symptômes pelviens inexpliqués, il est recommandé de consulter un médecin vasculaire pour un bilan adapté.


Symptômes et signes évocateurs

Comment reconnaître un syndrome de congestion pelvienne ?

Le syndrome de congestion pelvienne se manifeste avant tout par une douleur pelvienne chronique (présente depuis plus de six mois), sourde et à type de pesanteur ou de tiraillement, localisée dans le bas-ventre avec possible irradiation vers le dos, les hanches ou les cuisses. Cette douleur est特点是 par une aggravation en position debout prolongée et en fin de journée, avec un soulagement notable en position allongée. Les symptômes s’aggravent souvent en période prémenstruelle et peuvent s’accompagner de douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie profonde), de varices vulvaires visibles ou de troubles urinaires (envies fréquentes d’uriner). Si vous reconnaissez ce tableau, une consultation avec un médecin vasculaire ou un gynécologue est recommandée.

Pourquoi les symptômes s’aggravent-ils en fin de journée ?

L’aggravation des symptômes en fin de journée est l’un des signes les plus caractéristiques du syndrome de congestion pelvienne. Au cours de la journée, la position debout ou assise prolongée favorise l’accumulation progressive de sang veineux dans le bassin sous l’effet de la gravité. Les veines pelviennes dilatées et incompétentes ne parviennent plus à rediriger efficacement ce flux vers le cœur. Après une nuit de repos en position allongée, le sang se redistribue et la congestion diminue, ce qui explique l’amélioration matinale. Cette variation nycthémérale est un élément clinique très évocateur à rechercherlors de la consultation.

Que sont les varices vulvaires et quel est leur lien avec les varices pelviennes ?

Les varices vulvaires sont des dilatations veineuses visibles ou palpables au niveau de la vulve, souvent associées à une sensation de gonflement, de démangeaison ou de tiraillement. Elles concernent environ 4 % des femmes en population générale, et jusqu’à 10 à 20 % des femmes enceintes. Leur lien avec les varices pelviennes est direct : elles représentent l’extension superficielle du réseau veineux pelvien congestionné. Leur présence, associée à des douleurs pelviennes chroniques, doit systématiquement faire évoquer un syndrome de congestion pelvienne sous-jacent. Un bilan échographique pelvien permet de confirmer l’origine pelvienne des varices vulvaires et d’orienter le traitement le plus adapté (embolisation et/ou sclérothérapie).

Douleurs pendant les rapports sexuels : un signe de varices pelviennes ?

Oui, la dyspareunie profonde (douleur lors de la pénétration profonde) est un symptôme quasi pathognomonique du syndrome de congestion pelvienne. Contrairement à une douleur superficielle (qui orienterait plutôt vers une infection ou une pathologie vulvaire), la douleur liée aux varices pelviennes est ressentie en profondeur et peut persister plusieurs heures, voire jusqu’au lendemain du rapport. Ce symptôme, souvent sous-évoqué par pudeur, a un impact significatif sur la vie intime et le bien-être psychologique. Il est essentiel de le mentionner lors de la consultation, car il constitue un élément diagnostique majeur pour votre médecin.

Quand doit-on consulter ? Les signes d’alerte à ne pas négliger

Il est recommandé de consulter rapidement si vous présentez des douleurs pelviennes évoluant depuis plus de trois à six mois, une pesanteur pelvienne quotidienne aggravée en fin de journée, des varices vulvaires ou des varices atypiques des membres inférieurs (fesses, face postérieure des cuisses, région périnéale), ou une aggravation des symptômes en position debout soulagée en position allongée. Certains signes doivent aussi inciter à consulter en urgence : fièvre associée à la douleur pelvienne, saignements vaginaux anormaux, douleur brutale et intense d’apparition soudaine, ou perte de poids inexpliquée. Ne banalisez pas une douleur pelvienne chronique : un diagnostic précis permet une prise en charge efficace.


Diagnostic : les examens clés

Quels examens permettent de diagnostiquer les varices pelviennes ?

Le diagnostic des varices pelviennes repose sur une démarche progressive combinant interrogatoire médical détaillé, examen clinique et examens d’imagerie spécialisés. L’échographie-Doppler pelvienne et endovaginale constitue l’examen de première intention : non invasive, accessible et peu coûteuse, elle permet de visualiser les veines pelviennes dilatées, de mesurer leur calibre et de mettre en évidence un reflux veineux. L’IRM pelvienne offre une cartographie complète du réseau veineux sans irradiation, particulièrement adaptée chez la femme jeune. La phlébographie pelvienne, examen invasif consistant à injecter un produit de contraste dans les veines pelviennes, représente le gold standard et permet souvent de réaliser le traitement dans le même temps (embolisation).

L’écho-doppler pelvien est-il douloureux ?

L’échographie-Doppler pelvienne et endovaginale est un examen totalement indolore et non invasif. Réalisé comme une échographie gynécologique classique, il ne nécessite pas d’anesthésie et ne provoque aucune douleur. L’examen est pratiqué en position allongée, généralement par voie endovaginale pour une meilleure résolution des structures pelviennes profondes. Le Doppler couleur et pulsé permet d’étudier le flux sanguin en temps réel, notamment lors de manœuvres de Valsalva (qui majorent le reflux veineux). Sa durée est de l’ordre de 15 à 30 minutes. Les résultats sont souvent disponibles immédiatement après l’examen.

Que montre l’IRM pelvienne dans le cadre des varices pelviennes ?

L’IRM pelvienne (notamment en séquences d’angio-IRM) fournit une cartographie précise et complète du réseau veineux pelvien. Elle permet de visualiser les veines ovariennes dilatées (le plus souvent à gauche), d’identifier un reflux veineux, de détecter d’éventuelles compressions veineuses associées (syndrome de Nutcracker, syndrome de May-Thurner) et d’éliminer d’autres pathologies pelviennes. L’IRM présente l’avantage majeur d’être sans irradiation, ce qui la rend particulièrement adaptée chez la femme jeune en âge de procréer. Elle offre une excellente résolution des tissus mous et constitue aujourd’hui un examen de référence pour confirmer le diagnostic et planifier le traitement.

En quoi consiste la phlébographie pelvienne ?

La phlébographie pelvienne est un examen invasif consistant à catheteriser une veine (généralement par voie fémorale ou jugulaire) et à injecter un produit de contraste iodé directement dans les veines pelviennes, puis à réaliser des radiographies pour visualiser le reflux et la dilatation variqueuse. Elle permet également de mesurer les pressions veineuses et constitue le gold standard (examen de référence) pour le diagnostic de certitude. Son avantage majeur est de pouvoir être couplée à un geste thérapeutique dans le même temps : si des varices pelviennes significatives sont confirmées, une embolisation peut être réalisée immédiatement. La phlébographie est généralement réalisée sous anesthésie locale ou légère sédation.

Peut-on confondre les varices pelviennes avec d’autres maladies ?

Oui, c’est précisément la raison pour laquelle le diagnostic est souvent tardif. Les varices pelviennes partagent de nombreux symptômes avec d’autres pathologies, notamment l’endométriose (douleurs cycliques, dyspareunie), les fibromes utérins (pesanteur pelvienne, saignements), les kystes ovariens, le syndrome de l’intestin irritable (ballonnements, troubles du transit), ou les infections urinaires chroniques. Le bilan d’imagerie (échographie, IRM) permet généralement de distinctionncer ces différentes pathologies. Il est important de noter que varices pelviennes et endométriose peuvent coexister chez une même patiente, ce qui peut compliquer le tableau clinique. Une approche multidisciplinaire (gynécologue, radiologue, médecin vasculaire) est souvent nécessaire.


Traitements : quelles options thérapeutiques ?

Quelles sont les différentes options de traitement des varices pelviennes ?

Plusieurs approches thérapeutiques existent, du traitement médical conservateur aux techniques interventionnelles. Le choix dépend de la sévérité des symptômes, des caractéristiques anatomiques des varices, de l’âge de la patiente et de son désir de grossesse. Les traitements médicamenteux (antalgiques, veinotoniques, progestatifs) visent à soulager les symptômes sans traiter la cause. La contention veineuse (bas de compression) améliore le retour veineux. L’embolisation pelvienne est aujourd’hui le traitement de référence : mini-invasive, elle permet de occlure les veines pathologiques et offre un taux de succès clinique de 75 à 85 %. La chirurgie laparoscopique (ligature des veines ovariennes) est reservée aux échecs de l’embolisation ou aux cas complexes. La sclérothérapie traite spécifiquement les varices vulvaires et périphériques.

Les médicaments sont-ils efficaces contre les varices pelviennes ?

Les médicaments jouent un rôle dans la prise en charge des varices pelviennes, mais ils ne guérissent pas la maladie sous-jacente. Le paracétamol constitue le traitement antalgique de première intention pour les douleurs légères à modérées. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utilisés ponctuellement lors des poussées douloureuses, notamment en période prémenstruelle, mais leur usage au long cours est limité par les risques digestifs et rénaux. Les veinotoniques (diosmine, hesperidine) peuvent améliorer la sensation de pesanteur veineuse, mais leur efficacité reste modeste. Les progestatifs de synthèse peuvent avoir un effet bénéfique sur le tonus veineux en réduisant l’imprégnation œstrogénique. Un traitement médicamenteux bien encadré peut permettre de gagner du temps et d’améliorer le confort en attendant un traitement étiologique.

Quand a-t-on recours à la chirurgie ?

La chirurgie des varices pelviennes (ligature des veines ovariennes par laparoscopie) est aujourd’hui moins fréquemment pratiquée que l’embolisation, en raison de sa morbidité plus importante. Elle reste however indiquée dans plusieurs situations : échec de l’embolisation avec persistance des symptômes, anatomie veineuse défavorable rendant le cathétérisme difficile, pathologie pelvienne associée nécessitant un geste chirurgical concomitant (endométriose, fibrome), ou contre-indication à l’embolisation (allergie sévère au produit de contraste, insuffisance rénale). L’intervention est réalisée sous anesthésie générale par laparoscopie, avec trois à quatre petites incisions abdominales. La récupération est plus longue qu’après une embolisation, avec une reprise des activités en une à deux semaines.

La sclérothérapie est-elle adaptée aux varices pelviennes ?

Oui, la sclérothérapie est une technique mini-invasive particulièrement adaptée au traitement des varices pelviennes périphériques (vulvaires, périnéales, des membres inférieurs) et constitue souvent un complément précieux à l’embolisation des veines pelviennes profondes. Elle consiste à injecter un agent sclérosant (le plus souvent sous forme de mousse de polidocanol) directement dans les veines dilatées, provoquant leur fibrose et leur occlusion progressive. Réalisée sous anesthésie locale en ambulatoire, elle dure en moyenne 30 à 60 minutes. Le taux de succès clinique sur les varices vulvaires est élevé, de l’ordre de 80 à 90 %. Plusieurs séances (1 à 3 en moyenne) peuvent être nécessaires, espacées de 4 à 6 semaines. Pendant la grossesse, les varices vulvaires régressent souvent spontanément après l’accouchement ; la sclérothérapie n’est donc pas recommandée en période gravidique.

Embolisation ou chirurgie : que choisir ?

L’embolisation pelvienne est aujourd’hui considérée comme le traitement de première intention du syndrome de congestion pelvienne, grâce à son caractère mini-invasif, son excellent profil de sécurité (taux de complications sévères inférieur à 2 %) et ses résultats cliniques remarquables (75 à 85 % d’amélioration significative des douleurs). La chirurgie (ligature laparoscopique des veines ovariennes) conserve une place importante en cas d’échec de l’embolisation, de pathologie pelvienne associée nécessitant un geste chirurgical, ou d’anatomie veineuse défavorable. Le choix entre les deux options estdecided avec le chirurgien vasculaire, qui évalue la situation clinique, les antécédents, les caractéristiques anatomiques et les préférences de la patiente. Dans certains cas complexes, une approche combinée (embolisation suivie d’une chirurgie complémentaire) peut être proposée.


L’embolisation pelvienne en pratique

Comment fonctionne l’embolisation des veines pelviennes ?

L’embolisation pelvienne est une technique de radiologie interventionnelle mini-invasive dont le principe est d’obstruer volontairement les veines pelviennes dilatées et incompétentes responsables du reflux veineux. En bloquant ces veines pathologiques, le flux sanguin est redirigé vers un réseau veineux fonctionnel, la pression veineuse pelvienne diminue et les symptômes douloureux s’atténuent. L’intervention ne supprime pas les veines mais les rend inactives : le corps crée ensuite des voies de dérivation naturelles pour assurer le retour veineux. Les agents utilisés pour l’occlusion sont généralement des coils (spires métalliques en platine), souvent associés à de la mousse sclérosante ou à de la colle biologique (cyanoacrylate) pour garantir une occlusion complète et durable.

Comment se déroule l’intervention d’embolisation ?

L’embolisation pelvienne est réalisée le plus souvent en ambulatoire (la patiente rentre chez elle le jour même ou après une nuit d’hospitalisation), sous anesthésie locale associée à une légère sédation. Après une désinfection et une anesthésie locale au point de ponction (généralement au pli de l’aine), le radiologue interventionnel insère un cathéter fin dans la veine fémorale droite et le guide sous contrôle radioscopique jusqu’aux veines pelviennes. Une phlébographie de contrôle confirme le reflux pathologique, puis les agents emboliques (coils ± sclérosant) sont mis en place de façon bilatérale si nécessaire. Un contrôle final vérifie l’occlusion complète. La procédure dure en moyenne entre 45 minutes et 2 heures. Aucune cicatrice n’est laissée, seul un petit pansement au point de ponction.

Quelle est la durée d’hospitalisation après une embolisation ?

L’hospitalisation après une embolisation pelvienne est très courte, voire inexistante. Dans la plupart des cas, la patiente entre le matin à l’hôpital et sort le soir même, après quelques heures de surveillance en salle de réveil. Parfois, une nuit d’hospitalisation de 24 heures est recommandée pour surveillance. Le retour à domicile est possible le jour même ou le lendemain. La reprise des activités quotidiennes légères est autorisée dès le lendemain de l’intervention. La reprise du travail est généralement possible sous quelques jours, selon la nature de l’activité professionnelle. Votre médecin vous précisera les consignes adaptées à votre situation.

Quels sont les résultats et le taux de réussite de l’embolisation ?

L’embolisation pelvienne affiche des résultats cliniques très encourageants, largement documentés dans la littérature médicale internationale. Le taux de succès technique (occlusion effective des veines ciblées) atteint 95 à 98 %. Une amélioration significative des douleurs pelviennes chroniques est rapportée chez 75 à 85 % des patientes. La disparition ou la réduction des varices vulvaires et des membres inférieurs associées est observée dans 60 à 80 % des cas. L’amélioration est progressive : l’effet optimal est généralement atteint entre 1 et 3 mois après l’intervention. Le taux de récidive à long terme est d’environ 10 à 15 %, nécessitant parfois une nouvelle embolisation complémentaire. Ces résultats font de l’embolisation une alternative efficace et durable à la chirurgie plus invasive.

L’embolisation pelvienne comporte-t-elle des risques ?

L’embolisation pelvienne est une procédure sûre, mais comme toute intervention médicale, elle comporte un risque de complications, généralement mineures et rares. Les complications fréquentes (bénignes) incluent un hématome au point de ponction (5-10 %), des douleurs pelviennes transitoires pendant quelques jours, et des nausées liées au produit de contraste. Les complications rares comprennent une migration d’un coil (< 1 %), une thrombophlébite de la veine traitée, une réaction allergique au produit de contraste, ou une perforation veineuse lors du cathétérisme. Les complications exceptionnelles (inférieures à 1 %) sont l’embolie pulmonaire et l’insuffisance rénale liée au produit de contraste. Le taux global de complications sévères reste inférieur à 2 %, ce qui confirme le très bon profil de sécurité de cette technique, avec en prime la préservation de la fertilité.

Peut-on tomber enceinte après une embolisation pelvienne ?

Oui, l’embolisation pelvienne préserve la fertilité et n’empêche pas une future grossesse. La procédure ne touche pas les ovaires, l’utérus ni les trompes de Fallope : elle occlut uniquement les veines ovariennes et pelviennes pathologiques. De nombreuses femmes ayant bénéficie d’une embolisation pelvienne ont ensuite mené des grossesses à terme sans complication. Il est généralement recommandé d’attendre au moins 3 à 6 mois après l’embolisation avant d’entreprendre un projet de grossesse, afin de laisser le temps à l’organisme de récupérer et de laisser le traitement faire pleinement son effet. Si vous avez un projet de grossesse, discutez-en avec votre chirurgien vasculaire qui adaptera le timing et le suivi en conséquence.

Comment se déroule le suivi après une embolisation ?

Après l’embolisation, un suivi médical régulier est programmé pour évaluer l’efficacité du traitement et surveiller une éventuelle récidive. Une première consultation de contrôle est prévue à environ 1 mois, puis à 3 et 6 mois, avec éventuellement une échographie-Doppler de contrôle pour vérifier l’occlusion des veines traitées et l’absence de récidive. L’amélioration des symptômes est progressive : certaines patientes constatent un soulagement dès les premières semaines, pour d’autres l’effet optimal est atteint à 3 mois. En cas de récidive des symptômes (environ 10-15 % des cas à long terme), une nouvelle embolisation complémentaire peut être proposée. Un bilan veille à ce que les varices périphériques résiduelles soient également prises en charge.


Syndromes veineux associés

Qu’est-ce que le syndrome de Nutcracker ou syndrome casse-noisette ?

Le syndrome de Casse-Noisette (Nutcracker Syndrome) est une pathologie vasculaire rare dans laquelle la veine rénale gauche est comprimée entre l’aorte abdominale (en arrière) et l’artère mésentérique supérieure (en avant), un peu comme une noisette dans une casse-noisette. Cette compression entraîne une hyperpression veineuse rénale gauche, provoquant des douleurs pelviennes, une hématurie (sang dans les urines) et parfois des varices pelviennes. Il touche plus fréquemment les femmes jeunes (20-40 ans), notamment celles ayant un IMC bas ou ayant connu une croissance rapide. Le diagnostic repose sur l’échographie-Doppler, l’angio-TDM ou l’angio-IRM, et parfois la phlébographie avec mesure du gradient de pression. Le traitement va de la surveillance simple (chez l’adolescent en croissance) au stenting de la veine rénale ou à la chirurgie.

Qu’est-ce que le syndrome de Cockett (May-Thurner) ?

Le syndrome de Cockett (ou syndrome de May-Thurner) est une pathologie vasculaire caractérisée par la compression de la veine iliaque commune gauche par l’artère iliaque commune droite contre le corps vertébral (L5). Cette compression favorise la stase veineuse et augmente significativement le risque de thrombose veineuse profonde (phlébite) du membre inférieur gauche. Il touche préférentiellement les femmes entre 20 et 50 ans (ratio 2:1 à 3:1 par rapport aux hommes). Cliniquement, il se manifeste par un œdème unilatéral persistant de la jambe gauche, des douleurs, des varices atypiques et, en cas de thrombose associée, une phlébite. Le diagnostic repose sur l’écho-Doppler, l’angio-scanner et parfois l’échographie endovasculaire (IVUS). Le traitement de référence est l’angioplastie avec pose de stent veineux, avec des taux de perméabilité excellents à long terme (85-95 % à 5 ans).

Peut-on avoir à la fois un syndrome de Nutcracker et des varices pelviennes ?

Oui, les deux conditions peuvent coexister et sont même physiopathologiquement liées. Le syndrome de Nutcracker augmente la pression dans la veine rénale gauche, ce qui favorise le reflux veineux vers la veine ovarienne gauche et le développement de varices pelviennes gauches. On parle parfois de «varices pelviennes secondaires» à une compression veineuse. Lors du bilan diagnostique des varices pelviennes, le chirurgien vasculaire recherche systématiquement ces syndromes de compression associés (Nutcracker, May-Thurner) car leur mise en évidence modifie la stratégie thérapeutique. Un traitement adapté de la compression sous-jacente (stenting) peut être nécessaire en complément ou à la place de l’embolisation simple des veines pelviennes.

Quel est le lien entre syndrome de congestion pelvienne et thrombose veineuse ?

Le syndrome de Cockett (May-Thurner) illustre particulièrement ce lien : la compression chronique de la veine iliaque gauche favorise la stase veineuse, ce qui constitue un facteur de risque majeur de thrombose veineuse profonde (phlébite). Les femmes présentant un syndrome de Cockett non traité ont un risque accru de phlébite ilio-fémorale gauche. En cas de thrombose aiguë survenant chez une femme jeune sans facteur de risque evident, il est donc recommandé de rechercher un syndrome de May-Thurner sous-jacent. Le traitement endovasculaire par angioplastie-stenting permet de réduire durablement ce risque. Pour les varices pelviennes «classiques» (sans compression anatomique), le risque thrombotique est plus faible mais reste légèrement accru par rapport à la population générale en raison de la stase veineuse chronique.


Vie quotidienne, grossesse et fertilité

Quelle est l’influence de la grossesse sur les varices pelviennes ?

La grossesse constitue un facteur de risque majeur pour le développement ou l’aggravation des varices pelviennes. Plusieurs mécanismes se conjuguent : l’augmentation du volume sanguin circulant (jusqu’à +40-50 %), la compression de l’utérus gravide sur les veines pelviennes et la veine cave inférieure, et l’effet relaxant des hormones (œstrogènes, progestérone) sur la paroi veineuse. Les varices pelviennes touchent 10 à 15 % des femmes en âge de procréer, avec une prévalence plus élevée chez les multipares. Les symptômes ont tendance à s’aggraver au cours du deuxième et troisième trimestre, puis s’améliorent souvent après l’accouchement, bien qu’ils puissent persister ou s’aggraver après des grossesses multiples. Pendant la grossesse, le traitement est essentiellement conservateur : contention veineuse et paracétamol.

Peut-on faire du sport quand on a des varices pelviennes ?

Oui, l’activité physique régulière est non seulement autorisée mais recommandée dans le cadre des varices pelviennes. L’exercice stimule le retour veineux, renforce les muscles du plancher pelvien et libère des endorphines qui atténuent la perception de la douleur. Les activités les plus benefiques sont la marche quotidienne (30 à 45 minutes), la natation (la position horizontale favorise le retour veineux), le vélo en position semi-assise et le yoga ou Pilates (respiration profonde, étirements pelviens). Les exercices de Kegel, pratiqués correctement, renforcent le plancher pelvien et peuvent réduire la douleur. Il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine. En revanche, les sports à impact élevé (step, fitness intensif) et la station debout prolongée sans mouvement sont à éviter. Reprise du sport intense possible 1 à 2 semaines après une embolisation.

Comment choisir et porter une contention veineuse ?

Le port de bas de compression constitue un traitement conservateur majeur des varices pelviennes, contribuant à compenser l’insuffisance valvulaire et à réduire la stagnation sanguine. Les bas de classe 2 (compression 15-20 mmHg) sont généralement suffisants pour les formes légères à modérées ; la classe 3 (20-30 mmHg) peut être prescrite pour les cas plus sévères. Les collants de compression sont preferables aux mi-bas car ils couvrent la zone pelvienne. Ils doivent être enfilés le matin au réveil, avant de se lever (lorsque les jambes sont encore dégonflées), et portés toute la journée. Ils sont particulièrement importants lors des périodes debout prolongées et pendant la grossesse. Les bas doivent être remplacés tous les trois à six mois car un bas détendu perd son efficacité. Un lavage à la main avec lessive douce est recommandé.

Les varices pelviennes ont-elles un impact sur la fertilité ?

Les varices pelviennes en elles-mêmes n’empêchent pas de tomber enceinte. L’embolisation pelvienne préserve la fertilité et les grossesses ultérieures sont possibles sans risque particulier. Cependant, le syndrome de congestion pelvienne peut avoir un impact indirect sur la fertilité et la vie sexuelle : la dyspareunie (douleurs lors des rapports) peut rendre les rapports sexuels douloureux et diminish le désir ; la congestion pelvienne chronique peut créer un environnement pelvien défavorable. Il est recommandé de traiter les varices pelviennes avant d’entreprendre un projet de grossesse, idéalement 3 à 6 mois avant, pour optimiser les chances de conception et éviter l’aggravation des symptômes pendant la grossesse. Certaines patientes rapportent une amélioration de leur fertilité après traitement du syndrome de congestion pelvienne, bien que les données scientifiques sur ce point restent limitées.

Varices pelviennes et sexualité : comment gérer au quotidien ?

Le syndrome de congestion pelvienne peut affecter la vie intime de plusieurs manières, notamment par la dyspareunie profonde (douleur lors de la pénétration profonde), une pesanteur pelvienne inconfortable, ou une gêne liée aux varices vulvaires. Ces difficultés sont fréquentes mais souvent sous-évoquées par pudeur. Plusieurs stratégies peuvent aider : privilégier les positions qui limitent la pression pelvienne (selon votre confort) ; appliquer une compresse froide après les rapports pour soulager l’inflammation ; utiliser un lubricant intime pour réduire les frottements ; communiquer ouvertement avec votre partenaire sur vos gênes et limiter les rapports en période douloureuse. Le traitement efficace des varices pelviennes (embolisation, sclérothérapie) permet généralement une amélioration significative, voire une disparition de la dyspareunie. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin, qui peut vous orienter vers un suivi adapté.

Quelles mesures d’hygiène de vie adopter au quotidien ?

Plusieurs modifications du mode de vie peuvent significativement réduire les symptômes des varices pelviennes et prévenir leur aggravation. Sur le plan alimentaire, privilégiez les fruits rouges (myrtilles, cerises), les agrumes riches en vitamine C, les légumes à feuilles vertes et les poissons gras (oméga-3), tout en limitant le sel (favorise la rétention d’eau), le sucre raffiné (inflammation) et l’alcool (vasodilatation). Buvez au moins 1,5 à 2 litres d’eau par jour. Évitez la station debout ou assise prolongée : levez-vous et marchez quelques minutes toutes les heures. Dormez avec les jambes légèrement surélevées (15-20 cm). Évitez les positions qui compriment le bassin (jambes croisées, position du lotus). Le port quotidien de bas de contention est fortement recommandé. Ces mesures hygiéno-diététiques constituent un complément essentiel au traitement médical ou interventionnel.


Idées reçues et questions fréquentes

« Les varices pelviennes, ce n’est pas grave » : vrai ou faux ?

Faux. Si les varices pelviennes ne constituent generally pas une urgence vitale, elles peuvent avoir un impact majeur sur la qualité de vie. Les douleurs pelviennes chroniques, la dyspareunie, les troubles urinaires et la gêne liée aux varices vulvaires affectent profondément la vie quotidienne, professionnelle, intime et psychologique des patientes. L’errance diagnostique (souvent plusieurs années avant le diagnostic) ajoute une souffrance supplémentaire. Par ailleurs, certaines complications sont possibles : thrombose veineuse pelvienne, extension des varices aux membres inférieurs, ou récidive des symptômes en l’absence de traitement. La bonne nouvelle est que des traitements efficaces existent — l’embolisation pelvienne en particulier offre des résultats remarquables avec un profil de sécurité excellent. Ne négligez pas vos symptômes : consultez un médecin vasculaire pour un bilan.

« Les varices pelviennes disparaissent seules après la ménopause »

C’est partiellement vrai mais à nuancer. Les varices pelviennes sont liées à l’imprégnation hormonale œstrogénique, qui diminue fortement après la ménopause. Il est vrai que les symptômes ont tendance à s’atténuer significativement chez la plupart des femmes après la ménopause, grâce à la chute du taux d’œstrogènes et à la stabilisation du système veineux. Cependant, les varices pelviennes établies ne disparaissent pas spontanément : les veines dilatées ne se « resserrent » pas naturellement. Une patiente ménopausée présentant des varices pelviennes symptomatiques peut toujours bénéficier d’un traitement (embolisation ou autre) si les symptômes persistent et altèrent sa qualité de vie. Le traitement est d’ailleurs souvent plus simple chez la femme ménopausée (absence de désir de grossesse, bilan simplifié).

« Une phlébite sur varices pelviennes, est-ce possible ? »

Oui, c’est possible mais rare. Les varices pelviennes entraînent une stase veineuse chronique (ralentissement du sang), ce qui constitue un facteur de risque thrombotique accru par rapport à la population générale. Cependant, le risque de thrombose veineuse pelvienne vraie (phlébite des veines pelviennes ou ovariennes) reste faible. Il augmente significativamente si un syndrome de compression veineuse associé existe (syndrome de May-Thurner notamment). Les signes d’alerte d’une thrombose pelvienne sont une douleur pelvienne brutale et intense, un œdème brutal d’un membre inférieur, de la fièvre. En cas de doute, consultez immédiatement un médecin. La recherche d’un syndrome de May-Thurner fait partie du bilan standard des varices pelviennes, précisément pour évaluer et prévenir ce risque thrombotique.

Les varices pelviennes peuvent-elles récidiver après traitement ?

Oui, un taux de récidive de l’ordre de 10 à 15 % est rapporté à long terme après embolisation pelvienne. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette récidive : développement de nouvelles voies de suppléance veineuse, persistence d’un reflux non traité lors de la première procédure, progression naturelle de la maladie veineuse sous-jacente, ou récidive sur les veines initialement traitées. La récidive se manifeste généralement par une réapparition progressive des douleurs pelviennes, parfois plusieurs mois ou années après l’intervention. La bonne nouvelle est qu’une nouvelle embolisation complémentaire permet généralement de traiter efficacement cette récidive, avec des résultats similaires à ceux de la première intervention. Un suivi régulier par échographie-Doppler permet de détecter précocement les signes de récidive et d’intervenir rapidement.

Combien de temps dure la convalescence après une embolisation ?

L’un des avantages majeurs de l’embolisation pelvienne est la récupération rapide. Dans les heures qui suivent l’intervention, une surveillance de quelques heures est nécessaire avant la sortie. Des douleurs pelviennes modérées, accompagnées parfois de douleurs lombaires, peuvent survenir pendant 3 à 7 jours : elles sont normales et bien contrôlées par des antalgiques simples (paracétamol, anti-inflammatoires). La reprise des activités quotidiennes normales est possible sous 2 à 3 jours. Les efforts physiques intenses et le port de charges lourdes sont à éviter pendant 1 à 2 semaines. La reprise du sport est recommandée après 1 à 2 semaines. Les rapports sexuels peuvent être reprIs dans les quelques jours suivant l’intervention, selon votre confort et les recommandations de votre chirurgien. L’amélioration clinique est progressive, avec un soulagement souvent significatif dès les premières semaines.

Les varices pelviennes sont-elles remboursées par la Sécurité sociale ?

L’embolisation pelvienne est prise en charge par l’Assurance Maladie en France, car elle est reconnue comme un acte de radiologie interventionnelle médicalement justifié pour le traitement du syndrome de congestion pelvienne. Dans les conditions habituelles de pratique hospitalière (établissement public ou cliniques conventionnées), les frais d’hospitalisation et d’intervention sont donc remboursés selon les tarifs conventionnels, après deduction du ticket modérateur et de l’éventuelle franchise. Le montant restant à votre charge dépend de votre regime d’assurance maladie complémentaire (mutuelle). Il est recommandé de vérifier auprès de votre caisse d’Assurance Maladie et de votre mutuelle les modalités de prise en charge spécifiques à votre situation, notamment en cas de dépassements d’honoraires. La consultation initiale chez le chirurgien vasculaire est également remboursée (consultation специализированная, secteur 1 ou 2).

Faut-il plusieurs interventions pour traiter les varices pelviennes ?

Pas necessarily. L’embolisation pelvienne est conçue pour traiter l’ensemble des veines pelviennes pathologiques en une seule procédure dans la grande majorité des cas. Le radiologue interventionnel traite généralement de façon bilatérale (les deux côtés) les veines ovariennes et/ou iliaques internes défaillantes lors d’une même intervention. Cependant, dans certaines situations, plusieurs interventions peuvent être nécessaires : séquences thérapeutiques combinant embolisation des veines profondes pelviennes et sclérothérapie des varices vulvaires ou des membres inférieurs (réalisées à quelques semaines d’intervalle) ; reprise chirurgicale en cas d’échec de l’embolisation avec persistance des symptômes ; ou nouvelle embolisation complémentaire en cas de récidive à distance. Votre équipe médicale établira avec vous le plan de traitement le plus adapté à votre situation anatomique et clinique.